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Autoliquidation TVA cocontractant en Belgique : le guide complet pour artisans

Autoliquidation TVA cocontractant en Belgique : le guide complet pour artisans

En Belgique, dès que vous facturez des travaux immobiliers à une autre entreprise assujettie à la TVA, vous n'appliquez pas la TVA : c'est le mécanisme de l'autoliquidation, aussi appelé « régime du cocontractant ». Mal maîtrisée, cette règle est l'une des premières sources de redressement pour les artisans wallons et bruxellois. Facturer 21 % de TVA alors qu'il ne fallait pas, oublier la mention légale obligatoire, ou au contraire autoliquider à tort vers un particulier : chacune de ces erreurs peut coûter cher. Ce guide complet vous explique, étape par étape, quand l'autoliquidation s'applique, quelle mention exacte inscrire sur la facture depuis 2023, comment la déclarer et comment éviter les pièges les plus courants.

⚡ Ce que vous allez apprendre dans cet article
  • Ce qu'est l'autoliquidation de la TVA (régime cocontractant) et pourquoi elle existe en Belgique
  • Les conditions précises qui déclenchent l'autoliquidation sur un chantier
  • La mention légale exacte à faire figurer sur vos factures depuis le 1er janvier 2023
  • Comment remplir une facture en autoliquidation, avec un exemple chiffré complet
  • Comment déclarer correctement ces opérations dans votre déclaration TVA
  • Le lien avec la facturation électronique Peppol obligatoire en 2026
  • Les erreurs fréquentes qui mènent au redressement et comment les éviter

Qu'est-ce que l'autoliquidation de la TVA (régime cocontractant) en Belgique ?

L'autoliquidation de la TVA est un mécanisme par lequel ce n'est pas le prestataire (vous, l'artisan) qui facture et reverse la TVA à l'État, mais le client lui-même qui « autoliquide » la taxe : il la déclare et la déduit en même temps dans sa propre déclaration TVA. Concrètement, vous établissez une facture sans TVA, et c'est votre client professionnel qui s'occupe de la TVA de son côté.

En matière de travaux immobiliers, ce régime repose sur l'article 20 de l'arrêté royal n° 1 du Code de la TVA. C'est une particularité belge bien ancrée : entre deux entreprises assujetties établies en Belgique, la TVA sur les travaux de construction, de rénovation, de réparation ou d'entretien d'un bien immeuble n'est jamais portée par l'entrepreneur qui exécute.

Autoliquidation ou cocontractant : quelle différence ?

Les deux termes désignent souvent la même réalité, mais il faut être précis :

  • Le « régime cocontractant » (article 20 de l'AR n° 1) est la spécificité belge réservée aux travaux immobiliers réalisés entre deux assujettis situés en Belgique. C'est celui qui concerne la grande majorité des artisans du bâtiment.
  • L'« autoliquidation » au sens large couvre aussi d'autres situations, notamment les prestations intracommunautaires (article 196 de la directive 2006/112/CE) lorsque vous travaillez pour un client assujetti établi dans un autre pays de l'UE.

Depuis 2023, l'administration a harmonisé le vocabulaire : la mention historique « cocontractant » seule ne suffit plus pour les travaux immobiliers. Nous y revenons en détail plus bas.

Pourquoi ce mécanisme existe-t-il ?

L'objectif est double. D'abord, lutter contre la fraude : en supprimant le décalage entre le moment où l'entrepreneur encaisse la TVA et celui où il la reverse, on supprime le risque qu'un sous-traitant facture de la TVA, l'encaisse, puis disparaisse sans la verser. Ensuite, alléger la trésorerie des entreprises : le client n'a pas à avancer 21 % de TVA qu'il récupérerait ensuite. Pour un chantier de 50 000 € HTVA, cela représente 10 500 € de TVA qui ne transitent jamais par votre compte ni par celui de votre client.

💡 Bon à savoir

L'autoliquidation ne change rien au montant final payé par votre client professionnel : il déclare la TVA et la déduit dans le même mouvement, l'effet est neutre pour lui. En revanche, pour vous, cela signifie que vous ne « touchez » jamais cette TVA — ne comptez donc jamais dessus pour votre trésorerie.

Quand devez-vous appliquer l'autoliquidation cocontractant ?

C'est la question qui revient le plus souvent. L'autoliquidation des travaux immobiliers n'est pas un choix : elle est obligatoire dès que les conditions sont réunies. En appliquer ou non est une faute, dans un sens comme dans l'autre.

Les conditions cumulatives à vérifier

Condition Détail
1. Nature de l'opération Il s'agit de travaux immobiliers : construction, transformation, rénovation, réparation, entretien, nettoyage d'un bien immeuble par nature.
2. Statut du prestataire Vous, l'entrepreneur, êtes établi en Belgique et assujetti à la TVA.
3. Statut du client Votre client est un assujetti tenu au dépôt de déclarations périodiques à la TVA (entreprise belge, ou entreprise étrangère identifiée à la TVA en Belgique qui dépose des déclarations périodiques).

Si ces trois conditions sont remplies, vous facturez sans TVA et vous appliquez l'autoliquidation. Si l'une d'elles manque, vous facturez normalement (le plus souvent avec la TVA belge applicable).

Depuis le 1er janvier 2023, le champ d'application a d'ailleurs été élargi : l'autoliquidation s'applique désormais aussi aux entreprises étrangères identifiées à la TVA en Belgique par identification directe (sans représentant responsable), pour autant qu'elles déposent des déclarations périodiques belges.

Travaux immobiliers : qu'est-ce que ça couvre exactement ?

La notion est large. Sont notamment visés les travaux de gros œuvre, la maçonnerie, la charpente, la couverture, l'électricité, la plomberie et le sanitaire, le chauffage, la menuiserie, le plâtrage et le placoplâtre, le carrelage, la peinture, l'isolation, ainsi que l'installation d'équipements fixés à demeure (chaudières, panneaux, ascenseurs, cuisines équipées intégrées, etc.). Le nettoyage de bâtiment et certains travaux de jardinage liés à l'immeuble entrent également dans le champ.

✅ Exemple pratique

Vous êtes électricien indépendant à Namur. Vous réalisez la mise en conformité du tableau électrique d'un immeuble de bureaux pour une SRL belge assujettie à la TVA, pour 6 200 € HTVA. ➜ Les trois conditions sont réunies : vous facturez 6 200 €, sans TVA, avec la mention d'autoliquidation. La SRL déclarera 1 302 € de TVA (21 %) à l'achat et la déduira simultanément.

Les cas où vous ne devez PAS autoliquider

L'erreur miroir — autoliquider à tort — est tout aussi sanctionnable. Vous devez facturer la TVA normalement dans les situations suivantes :

  • Client particulier (B2C) : un propriétaire qui fait rénover sa maison n'est pas assujetti. Vous appliquez la TVA (21 %, ou 6 % si les conditions du taux réduit rénovation sont remplies).
  • Client assujetti mais sans dépôt de déclarations périodiques : par exemple une petite entreprise sous le régime de la franchise (article 56bis), un exploitant agricole forfaitaire, ou une entité réalisant uniquement des opérations exemptées par l'article 44.

Depuis 2023, le client qui ne dépose pas de déclarations périodiques a l'obligation de vous en informer au moment où il vous communique son numéro de TVA. C'est une protection pour vous : si vous facturez de bonne foi en autoliquidation parce que le client ne vous a pas prévenu, la responsabilité bascule vers lui.

⚠️ Attention

Un numéro de TVA valide ne suffit pas à conclure que vous devez autoliquider. Un assujetti franchisé possède un numéro de TVA mais ne dépose pas de déclarations périodiques. Vérifiez toujours le statut réel de votre client, et conservez une trace écrite de l'information qu'il vous communique sur son régime.

Quelle mention obligatoire mettre sur la facture en autoliquidation ?

C'est le point qui a changé et que beaucoup d'artisans n'ont pas mis à jour. Avant 2023, il suffisait d'écrire « Autoliquidation » ou « TVA à acquitter par le cocontractant ». Ce n'est plus suffisant pour les travaux immobiliers.

La mention légale exacte depuis le 1er janvier 2023

Depuis le 1er janvier 2023, votre facture en autoliquidation pour travaux immobiliers doit obligatoirement comporter la mention suivante, dans son intégralité :

« Autoliquidation : En l'absence de contestation par écrit, dans un délai d'un mois à compter de la réception de la facture, le client est présumé reconnaître qu'il est un assujetti tenu au dépôt de déclarations périodiques. Si cette condition n'est pas remplie, le client endossera, par rapport à cette condition, la responsabilité quant au paiement de la taxe, des intérêts et des amendes dus. »

Cette formulation n'est pas optionnelle : c'est le texte imposé par l'arrêté royal du 26 octobre 2022. Elle vous protège, car elle déplace la responsabilité vers le client si celui-ci ne conteste pas dans le mois alors qu'il ne remplissait pas les conditions.

Que se passe-t-il si vous mettez juste « cocontractant » ?

Votre facture devient non conforme. En cas de contrôle, l'administration peut considérer que les mentions obligatoires font défaut, ce qui ouvre la porte à des amendes pour facture irrégulière et, surtout, vous prive de la protection apportée par la nouvelle mention. Le risque concret : si le client n'était finalement pas un assujetti tenu au dépôt de déclarations périodiques, c'est vous qui pourriez être tenu de payer la TVA, les intérêts et les amendes.

⚠️ Attention

Beaucoup de modèles de factures Word ou Excel encore en circulation affichent l'ancienne mention « cocontractant ». Vérifiez vos modèles dès aujourd'hui : une mention obsolète sur des dizaines de factures, c'est autant de pièces non conformes en cas de contrôle.

Comment remplir une facture en autoliquidation, étape par étape

Voici la structure d'une facture conforme en régime cocontractant, avec un exemple chiffré pour un chauffagiste.

  1. Vos coordonnées complètes et votre numéro d'entreprise BCE / numéro de TVA.
  2. Les coordonnées et le numéro de TVA du client (indispensable pour justifier l'autoliquidation).
  3. Le détail des travaux, les quantités et les prix unitaires.
  4. Le montant total HTVA.
  5. Aucune ligne de TVA chiffrée : à la place, le taux affiché est 0 % au titre de l'autoliquidation.
  6. La mention légale complète reprise ci-dessus.
✅ Exemple pratique — Remplacement d'une chaudière pour une SRL
Désignation Qté P.U. HTVA Total HTVA
Chaudière à condensation12 800,00 €2 800,00 €
Fournitures et raccordements1620,00 €620,00 €
Main-d'œuvre (pose, mise en service)14 h55,00 €770,00 €
Total HTVA4 190,00 €
TVA — Autoliquidation (article 20, AR n° 1)0,00 €
Total à payer4 190,00 €

Le client paie 4 190 €. Il déclarera lui-même 879,90 € de TVA (21 %) à l'achat, qu'il déduira dans la même déclaration.

Les artisans qui veulent un modèle déjà conforme par métier peuvent s'appuyer sur des outils spécialisés ; par exemple, la page dédiée au logiciel de devis et facture pour chauffagiste détaille les particularités du chiffrage et des mentions pour ce métier.

Comment déclarer l'autoliquidation dans votre déclaration TVA

L'autoliquidation a des conséquences dans les grilles de votre déclaration périodique, des deux côtés de l'opération.

Côté prestataire (vous qui exécutez les travaux)

Vous reportez le montant HTVA de vos opérations en autoliquidation dans la grille 45 (« TVA à acquitter par le cocontractant »). Vous n'avez pas de TVA à reverser sur ces opérations : c'est le client qui s'en charge.

Côté client (le cocontractant)

Le client reprend la base imposable en grille 87 et la TVA correspondante en grille 56 (TVA due), puis il la déduit en grille 59 s'il a un droit à déduction complet. L'opération est alors neutre pour lui.

Acteur Grille Montant (exemple chaudière)
Vous (prestataire)Grille 45 — base4 190,00 €
ClientGrille 87 — base4 190,00 €
ClientGrille 56 — TVA due879,90 €
ClientGrille 59 — TVA déductible879,90 €
💡 Bon à savoir

Une erreur classique consiste à oublier de reporter les opérations en grille 45. Même si vous ne devez aucune TVA dessus, ce report est une obligation déclarative. Un logiciel qui ventile automatiquement vos factures par régime vous évite cet oubli.

Autoliquidation et facturation électronique Peppol en 2026

Un point majeur change le contexte : à partir du 1er janvier 2026, la facturation électronique structurée via le réseau Peppol devient obligatoire pour toutes les transactions B2B nationales entre assujettis belges. Concrètement, vos factures de travaux immobiliers entre professionnels — qui sont précisément celles concernées par l'autoliquidation — devront être émises au format structuré Peppol BIS, et non plus en PDF ou sur papier.

Cela renforce l'importance de paramétrer correctement le régime de TVA dans votre outil : la mention d'autoliquidation et le code de taxe doivent être encodés de façon structurée pour que la facture soit acceptée et lisible par le logiciel comptable de votre client. Nous détaillons l'obligation, le calendrier et la mise en conformité sur notre page dédiée à la facturation électronique et Mercurius.

Les erreurs fréquentes d'autoliquidation à éviter

  • Facturer la TVA à un client professionnel belge alors que l'autoliquidation s'imposait : votre client refusera souvent la facture, et vous risquez d'avoir indûment perçu de la TVA.
  • Autoliquider vers un particulier : vous n'avez pas facturé la TVA que vous deviez reverser ; le redressement portera sur la TVA non perçue.
  • Conserver l'ancienne mention « cocontractant » seule au lieu de la mention complète depuis 2023.
  • Ne pas vérifier le régime du client (franchise, article 44) avant d'autoliquider.
  • Oublier le report en grille 45 dans la déclaration TVA.
  • Mélanger autoliquidation interne (travaux immobiliers) et autoliquidation intracommunautaire, dont les références légales et les grilles diffèrent.

Autoliquidation et sous-traitance dans le bâtiment

La sous-traitance est l'un des cas les plus fréquents d'autoliquidation, et l'un des plus mal compris. Lorsqu'un entrepreneur principal confie une partie d'un chantier à un sous-traitant, le sous-traitant exécute des travaux immobiliers pour un client (l'entrepreneur principal) qui est lui-même un assujetti tenu au dépôt de déclarations périodiques. Les conditions de l'autoliquidation sont donc réunies : le sous-traitant facture sans TVA, avec la mention légale.

Cette logique vaut à chaque maillon de la chaîne. Si un sous-traitant fait à son tour appel à un autre sous-traitant, chacun facture en autoliquidation à celui qui se trouve « au-dessus » de lui. Seule la facture finale adressée au maître d'ouvrage suit les règles propres au statut de ce dernier : autoliquidation s'il est assujetti à déclarations périodiques, ou TVA (6 % ou 21 %) s'il est particulier.

✅ Exemple pratique — Chaîne de sous-traitance

Un maçon (sous-traitant) facture 8 000 € de gros œuvre à une entreprise générale (entrepreneur principal), elle-même assujettie. ➜ Le maçon facture 8 000 € sans TVA, en autoliquidation. L'entreprise générale, qui réalise au final une maison pour un particulier, facturera au particulier avec la TVA applicable (6 % ou 21 %). La TVA n'apparaît qu'au bout de la chaîne, sur la facture au consommateur final.

Fourniture avec pose, fourniture sans pose : un piège classique

La distinction est essentielle. L'autoliquidation des travaux immobiliers vise les prestations qui incluent une pose, une installation ou une mise en œuvre sur le bien immeuble. La simple vente de matériaux sans pose, elle, n'est pas un travail immobilier : elle suit le régime normal de la TVA (vous facturez la TVA).

Concrètement :

  • Vous livrez et posez une cuisine équipée intégrée chez un client professionnel assujetti ➜ travail immobilier ➜ autoliquidation.
  • Vous vendez seulement le matériel, le client pose lui-même ➜ livraison de biens ➜ TVA normale.

Lorsque la fourniture et la pose sont mélangées dans un même contrat, l'opération est en principe traitée comme un tout : si l'objet économique est la réalisation de travaux immobiliers, l'ensemble bascule en autoliquidation. Détaillez bien vos devis pour que la nature de la prestation soit claire.

⚠️ Attention

Ne « coupez » pas artificiellement une facture en une partie « matériaux avec TVA » et une partie « pose en autoliquidation » pour un même travail immobilier réalisé pour un assujetti. Si la prestation forme un tout, c'est l'ensemble qui suit le régime de l'autoliquidation. Un mauvais découpage est un motif fréquent de rectification.

Acomptes et factures d'acompte : faut-il aussi autoliquider ?

Oui. Si le travail relève de l'autoliquidation, la facture d'acompte suit le même régime : elle est établie sans TVA et reprend la mention légale complète. Vous ne pouvez pas appliquer la TVA sur l'acompte puis l'autoliquidation sur le solde — le régime est déterminé par la nature de l'opération, pas par le moment du paiement. Veillez à ce que vos modèles d'acomptes intègrent eux aussi la mention 2023.

J'ai facturé de la TVA par erreur : comment corriger ?

C'est une situation courante quand on découvre la règle après coup. Si vous avez facturé 21 % de TVA à un client professionnel alors qu'il fallait autoliquider, vous devez régulariser :

  1. Émettre une note de crédit annulant la facture incorrecte.
  2. Réémettre une facture conforme, sans TVA, avec la mention d'autoliquidation.
  3. Corriger vos déclarations TVA concernées (la TVA indûment portée doit être régularisée).

À l'inverse, si vous avez autoliquidé à tort vers un particulier, c'est plus délicat : la TVA que vous auriez dû facturer reste due à l'État, et vous devrez la régulariser, idéalement en la récupérant auprès du client. D'où l'importance de vérifier le statut avant d'émettre la facture.

Travaux immobiliers ou simple livraison de biens : où passe la frontière ?

Toute la mécanique de l'autoliquidation repose sur une qualification : s'agit-il d'un travail immobilier ou d'une autre opération ? La réponse détermine le régime applicable. Un travail immobilier suppose une intervention sur un bien immeuble par nature : le bâtiment, ce qui y est incorporé de façon durable, et les installations fixées à demeure. Dès lors qu'il y a construction, transformation, achèvement, aménagement, réparation, entretien, nettoyage ou démolition portant sur cet immeuble, on est en présence d'un travail immobilier.

À l'inverse, certaines opérations restent des livraisons de biens ou des prestations « mobilières » qui ne suivent pas l'autoliquidation des travaux immobiliers. C'est notamment le cas de la vente de matériaux sans installation, de la location de matériel sans opérateur, ou de l'entretien d'objets non incorporés à l'immeuble. Cette frontière n'est pas toujours intuitive sur le terrain ; en cas de doute sur un chantier mixte, mieux vaut le faire trancher par votre comptable avant d'émettre la facture.

Situation Qualification Régime (client assujetti belge)
Pose d'une chaudière avec raccordementsTravail immobilierAutoliquidation
Vente de la seule chaudière, sans poseLivraison de biensTVA normale
Pose de carrelage mural et solTravail immobilierAutoliquidation
Vente de carrelage en magasinLivraison de biensTVA normale
Entretien annuel d'une installation fixeTravail immobilierAutoliquidation

Autoliquidation et droit à déduction : que devient la TVA sur vos achats ?

Une crainte fréquente : « Si je ne facture pas de TVA, est-ce que je perds le droit de récupérer la TVA sur mes propres achats ? » La réponse est non. L'autoliquidation porte uniquement sur la TVA de vos ventes en travaux immobiliers. La TVA que vous payez sur vos matériaux, votre outillage, votre véhicule ou vos sous-traitances reste déductible dans les conditions habituelles.

Cette situation crée souvent un solde de TVA en votre faveur : vous récupérez de la TVA sur vos achats, mais vous n'en collectez pas (ou peu) sur vos ventes autoliquidées. Vous pouvez alors vous retrouver régulièrement en position de crédit de TVA, donc en situation de remboursement. C'est un point de trésorerie à anticiper avec votre comptable, car il peut, bien géré, devenir un avantage plutôt qu'une contrainte.

💡 Bon à savoir

Beaucoup d'artisans sous-traitants travaillant presque exclusivement en autoliquidation sont structurellement créditeurs de TVA. Vérifiez avec votre comptable la fréquence de vos déclarations et les conditions de remboursement : récupérer ce crédit plus souvent peut sensiblement améliorer votre trésorerie.

Comment vérifier qu'un numéro de TVA belge est valide ?

Avant d'autoliquider, assurez-vous que le numéro de TVA de votre client est réel et actif. En Belgique, le numéro de TVA correspond au numéro d'entreprise BCE précédé de « BE ». Vous pouvez le contrôler via les outils publics de vérification d'assujettissement et, pour les clients d'autres pays de l'UE, via le système de validation européen des numéros de TVA. Conservez une capture ou une trace de cette vérification : en cas de contrôle, elle démontre votre diligence.

Attention toutefois : un numéro de TVA valide confirme l'assujettissement, mais pas nécessairement le dépôt de déclarations périodiques. C'est pour cela que l'information du client sur son régime (et la mention légale 2023) reste indispensable.

Quels risques et sanctions en cas d'erreur d'autoliquidation ?

Comprendre les conséquences concrètes aide à prendre la règle au sérieux. Une mauvaise application de l'autoliquidation expose à plusieurs types de risques, qui se cumulent souvent lors d'un contrôle.

Le premier risque est le rappel de la TVA non perçue. Si vous avez autoliquidé à tort vers un client qui n'était pas un assujetti tenu au dépôt de déclarations périodiques, la TVA que vous auriez dû facturer reste due à l'État. L'administration vous la réclamera, à charge pour vous de tenter de la récupérer ensuite auprès du client — ce qui n'est pas toujours possible, surtout plusieurs mois après.

Le deuxième risque concerne les amendes pour factures non conformes. Une facture dépourvue de la mention légale obligatoire, ou portant une mention obsolète, est une pièce irrégulière. Cumulées sur de nombreuses factures, ces irrégularités peuvent représenter des montants significatifs.

Le troisième risque est celui des intérêts de retard, calculés sur la TVA régularisée, qui s'ajoutent au principal. Plus l'erreur est ancienne et récurrente, plus l'addition grimpe.

La bonne nouvelle, c'est que la mention légale de 2023 a précisément été conçue pour vous protéger : lorsqu'elle figure sur la facture et que le client ne conteste pas dans le délai d'un mois, la responsabilité du paiement de la taxe, des intérêts et des amendes bascule vers le client si celui-ci ne remplissait pas les conditions. Émettre des factures conformes n'est donc pas une simple formalité administrative : c'est votre meilleure assurance.

La conformité d'une facture en autoliquidation ne coûte rien à produire, mais une non-conformité peut coûter très cher à régulariser. C'est l'un des meilleurs rapports « effort / risque évité » de toute votre gestion administrative.

FAQ : vos questions fréquentes sur l'autoliquidation

Faut-il un numéro de TVA du client pour autoliquider ?

Oui. Le numéro de TVA du client est une mention obligatoire et la justification que votre cocontractant est bien un assujetti. Sans numéro de TVA valide, vous ne pouvez pas justifier l'autoliquidation en cas de contrôle.

L'autoliquidation s'applique-t-elle aux travaux pour une commune ou un service public ?

Les marchés publics (B2G) relèvent surtout de l'obligation de facture électronique structurée déjà en vigueur. Pour la TVA, le traitement dépend du statut de l'organisme (assujetti ou non). Vérifiez auprès du pouvoir adjudicateur et de votre comptable, car les situations varient.

Et si mon client est une entreprise française ou luxembourgeoise ?

On sort alors du régime cocontractant belge (travaux immobiliers entre assujettis belges) pour entrer dans les règles de localisation et d'autoliquidation intracommunautaire. Le lieu de la prestation, lié à la situation de l'immeuble, et le statut du client déterminent le traitement. Faites valider chaque cas transfrontalier, car la référence légale et les grilles de déclaration diffèrent.

Un assujetti franchisé doit-il m'avertir ?

Oui. Depuis 2023, le client qui ne dépose pas de déclarations périodiques (franchise article 56bis, forfait agricole, activités exemptées article 44) doit vous informer qu'il ne remplit pas les conditions au moment où il vous communique son numéro de TVA. S'il ne le fait pas et que vous autoliquidez de bonne foi avec la mention complète, la responsabilité bascule vers lui.

Dois-je conserver une preuve du statut de mon client ?

C'est fortement recommandé. Conservez l'échange écrit (e-mail, mention au devis) où le client confirme son régime TVA. En cas de contrôle, cette trace appuie la bonne application de l'autoliquidation et la protection apportée par la mention légale.

Comment un logiciel de devis-facture vous évite ces erreurs

La plupart de ces erreurs viennent de modèles manuels mal entretenus. Un logiciel de devis et de facturation pensé pour le bâtiment belge applique automatiquement le bon régime selon le statut du client, insère la mention légale d'autoliquidation à jour, ventile les montants dans les bonnes grilles TVA et, à partir de 2026, génère directement la facture au format Peppol. C'est exactement l'approche de Synobat, qui propose une formule gratuite pour commencer : vous sélectionnez le client, le régime s'ajuste, et la mention conforme s'écrit toute seule — plus de copier-coller d'une vieille mention obsolète.

📋 Checklist récapitulative

  • ☐ Je vérifie les 3 conditions (travaux immobiliers + prestataire assujetti belge + client assujetti à déclarations périodiques) avant chaque facture
  • ☐ J'ai le numéro de TVA du client et je connais son régime réel
  • ☐ Ma facture en autoliquidation est sans TVA chiffrée
  • ☐ J'ai inséré la mention légale complète version 2023 (et non juste « cocontractant »)
  • ☐ Je facture la TVA normalement pour mes clients particuliers (B2C)
  • ☐ Je reporte mes opérations autoliquidées en grille 45
  • ☐ Mes modèles de factures sont à jour et prêts pour le format Peppol 2026

Conclusion : l'autoliquidation, une règle simple à condition de l'automatiser

Le régime cocontractant n'est pas compliqué en soi : trois conditions, une mention, deux grilles. Ce qui pose problème, c'est l'entretien manuel des modèles et le manque de vérification du statut client. En sécurisant ces deux points, vous éliminez la quasi-totalité du risque de redressement lié à la TVA sur travaux immobiliers.

Les 3 actions à faire CETTE SEMAINE :

  1. Ouvrez votre dernière facture en autoliquidation et vérifiez qu'elle contient bien la mention légale complète version 2023, mot pour mot.
  2. Listez vos clients professionnels récurrents et notez, pour chacun, s'il dépose des déclarations TVA périodiques (donc autoliquidation) ou non.
  3. Anticipez Peppol 2026 en testant un outil capable d'appliquer automatiquement le régime de TVA et de générer une facture électronique structurée conforme.
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