Sur un chantier, un instant d'inattention peut coûter très cher : une chute de hauteur, un effondrement de tranchée, une exposition à l'amiante. Le bâtiment reste l'un des secteurs les plus accidentogènes en Belgique, et l'artisan indépendant n'échappe ni aux risques, ni à ses obligations. Mais la sécurité n'est pas qu'une contrainte réglementaire : c'est ce qui vous permet de rentrer chez vous en bonne santé chaque soir, de protéger vos collaborateurs et d'éviter des sanctions ou un refus de couverture d'assurance. Ce guide fait le point sur le cadre légal belge (loi du 4 août 1996, arrêté royal du 25 janvier 2001), sur le rôle du coordinateur sécurité-santé, sur les documents obligatoires, et sur les bonnes pratiques concrètes à appliquer au quotidien.
- Le cadre légal de la sécurité sur les chantiers en Belgique
- Quand un coordinateur sécurité-santé est obligatoire et qui le désigne
- À quoi servent le plan de sécurité et santé (PSS) et les autres documents
- Les risques majeurs du bâtiment et comment s'en protéger
- La différence entre protections collectives et individuelles (EPC / EPI)
- Pourquoi l'inventaire amiante est obligatoire avant de rénover certains bâtiments
- Les bons réflexes de sécurité au quotidien, même en petite structure
Le cadre légal de la sécurité sur les chantiers en Belgique
La sécurité au travail repose en Belgique sur la loi du 4 août 1996 relative au bien-être des travailleurs lors de l'exécution de leur travail. Pour le secteur de la construction, cette loi est complétée par l'arrêté royal du 25 janvier 2001 concernant les chantiers temporaires ou mobiles, qui transpose une directive européenne. Ces textes définissent les obligations de prévention, les responsabilités de chacun et le rôle clé de la coordination sécurité-santé.
L'objectif est simple : organiser la prévention en amont plutôt que de réagir après l'accident. Cela passe par l'identification des risques, la mise en place de mesures de protection et la coordination entre les différents intervenants d'un chantier. Pour l'artisan, comprendre ce cadre, c'est savoir ce qu'on attend de lui et éviter de se retrouver en faute.
La sécurité n'est pas seulement une affaire de gros chantiers. Même un artisan seul, sur un petit chantier de rénovation, est tenu de travailler en sécurité, d'utiliser des équipements adaptés et de protéger les tiers (occupants, voisins, passants). La prévention est l'affaire de tous, quelle que soit la taille de l'entreprise.
Quand un coordinateur sécurité-santé est-il obligatoire ?
C'est l'une des questions les plus fréquentes, et l'une des plus mal comprises. La coordination sécurité-santé devient obligatoire dès qu'un chantier de travaux immobiliers fait intervenir au moins deux entrepreneurs, qu'ils travaillent simultanément ou successivement.
La règle des deux entrepreneurs
La notion d'« entrepreneur » recouvre l'entrepreneur principal, les sous-traitants, et toute entreprise à qui une partie des travaux est confiée. Elle ne vise pas, en principe, le simple fournisseur de matériaux — sauf si celui-ci participe aussi à leur mise en œuvre sur le chantier. Concrètement, dès que deux corps de métier différents interviennent sur un même ouvrage (par exemple un maçon et un électricien), la coordination s'impose, tant au stade du projet qu'au stade de la réalisation.
Qui doit désigner le coordinateur ?
La responsabilité de la désignation dépend de la taille du chantier :
- Chantier d'une surface égale ou supérieure à 500 m² : c'est le maître d'ouvrage qui désigne le coordinateur.
- Chantier d'une surface inférieure à 500 m² : c'est la personne chargée de concevoir l'ouvrage pour le compte du maître d'ouvrage.
C'est le maître d'ouvrage qui rémunère le coordinateur. Sur de petits chantiers, un même professionnel peut assurer la coordination en phase projet et en phase réalisation. Les travaux ne peuvent en principe pas démarrer avant la désignation du coordinateur-réalisation.
Ne partez pas du principe que « ce n'est pas votre problème » parce que vous n'êtes pas le maître d'ouvrage. En tant qu'entrepreneur intervenant, vous devez coopérer avec le coordinateur, appliquer le plan de sécurité et signaler les risques. Votre responsabilité peut être engagée en cas d'accident lié à un manquement de votre part.
Le plan de sécurité et santé (PSS) et les documents obligatoires
La coordination s'appuie sur plusieurs documents clés :
- Le plan de sécurité et santé (PSS) : il décrit les mesures de prévention adaptées au chantier. Il est obligatoire notamment lorsque des travaux dangereux ou à risque aggravé sont prévus. Il identifie le projet, les intervenants, les risques et les protections (échafaudages, garde-corps, signalisation, EPI…).
- Le journal de coordination : tenu à jour par le coordinateur, il consigne les éléments et événements liés à la sécurité tout au long du chantier.
- Le dossier d'intervention ultérieure (DIU) : il rassemble les informations utiles pour les futurs travaux d'entretien ou de rénovation sur l'ouvrage, et se transmet au propriétaire.
Pour l'artisan, ces documents ne sont pas de la paperasse inutile : ils organisent la prévention et, en cas de litige ou de contrôle, ils prouvent que la sécurité a été prise au sérieux.
Les risques majeurs sur un chantier du bâtiment
Certains risques reviennent constamment dans la construction et la rénovation. Les connaître, c'est pouvoir les anticiper.
| Risque | Situations typiques | Protection principale |
|---|---|---|
| Chute de hauteur | Toiture, charpente, échafaudage, châssis, démoussage | Garde-corps, échafaudage conforme, harnais |
| Effondrement / ensevelissement | Tranchées, puits, fondations (au-delà de 1,2 m) | Blindage, talutage, étaiement |
| Agents chimiques | Amiante, solvants, traitements (mérule) | Procédures spécifiques, protection respiratoire |
| Électrisation | Travaux à proximité d'installations sous tension | Consignation, vérification, habilitation |
| Manutention | Port de charges, postures contraignantes | Aides mécaniques, gestes et postures |
| Poussières et bruit | Découpe, ponçage, démolition | Aspiration, masques, protections auditives |
Les chutes de hauteur restent l'une des premières causes d'accidents graves dans le bâtiment. Une toiture, un échafaudage mal monté ou une simple échelle utilisée à la place d'un équipement adapté peuvent suffire. Ne prenez jamais ce risque à la légère, même « pour cinq minutes ».
Protections collectives et individuelles : dans le bon ordre
La logique de prévention suit une hiérarchie. On cherche d'abord à supprimer ou réduire le risque à la source, puis à mettre en place des protections collectives (qui protègent tout le monde sans action individuelle), et seulement ensuite des protections individuelles.
- Protections collectives (EPC) : garde-corps, filets, échafaudages, étaiement, signalisation, balisage. Elles sont prioritaires car elles protègent l'ensemble des intervenants en permanence.
- Équipements de protection individuelle (EPI) : casque, chaussures de sécurité, gants, lunettes, protections auditives, masque respiratoire, harnais antichute. Ils complètent les protections collectives, ils ne les remplacent pas.
Un EPI ne sert que s'il est adapté, en bon état et réellement porté. Un harnais accroché au camion ne protège personne. La sécurité, c'est autant l'équipement que la discipline d'usage.
Privilégiez toujours la protection collective avant l'individuelle. Un garde-corps protège tout le monde en continu, alors qu'un harnais dépend du fait que chaque personne le porte et l'accroche correctement. La meilleure sécurité est celle qui ne repose pas sur la vigilance permanente de chacun.
L'amiante : l'inventaire obligatoire avant de rénover
C'est un point crucial en rénovation. En cas de rénovation, de transformation ou de démolition d'un bâtiment construit avant 2001, la réalisation d'un inventaire amiante est obligatoire. L'amiante, longtemps utilisé dans la construction pour ses propriétés isolantes et ignifuges, est présent dans de nombreux matériaux anciens (plaques ondulées, dalles de sol, isolants, conduits, colles, enduits…) et son inhalation présente un risque sanitaire grave, parfois des années plus tard.
Avant d'attaquer des travaux sur un bâtiment ancien, il faut donc savoir où se trouve l'amiante et le traiter selon des procédures strictes. Le désamiantage est une activité réglementée : selon le type de matériau et de travaux, il peut nécessiter une entreprise agréée et des mesures de protection spécifiques. Ne grattez, ne percez et ne découpez jamais un matériau suspect sans avoir vérifié sa nature au préalable.
Un artisan doit rénover la toiture d'une maison des années 1970, recouverte de plaques ondulées. Avant toute intervention, il fait vérifier la présence d'amiante : les plaques en contiennent. Plutôt que de les manipuler lui-même au risque de libérer des fibres, il fait appel à une entreprise spécialisée pour le retrait, puis réalise sa pose sur un support sain. Il protège ainsi sa santé, celle des occupants, et se met en conformité.
Travailler en sécurité quand on est seul ou en petite équipe
Beaucoup d'artisans travaillent seuls ou à deux. La tentation de « faire vite » et de négliger la sécurité est alors forte, faute de regard extérieur. C'est pourtant là que la discipline personnelle compte le plus. Quelques principes :
- Ne jamais improviser en hauteur : utilisez l'échafaudage ou la nacelle adaptés plutôt qu'une échelle bancale.
- Prévenir quelqu'un de votre présence sur un chantier isolé, pour pouvoir être secouru en cas d'accident.
- Entretenir son matériel : un outil défectueux est un accident en puissance.
- Ne pas travailler épuisé ou dans l'urgence : la fatigue et la précipitation sont des facteurs majeurs d'accident.
Travailler seul ne dispense d'aucune règle de sécurité — au contraire, l'absence de secours immédiat rend la prudence encore plus vitale.
Les bons réflexes de sécurité au quotidien
La sécurité se joue dans les habitudes quotidiennes, bien plus que dans les grands principes. Quelques réflexes simples à ancrer :
- Inspecter le chantier en arrivant : repérer les dangers, l'état des accès, les zones à risque.
- Maintenir un chantier propre et rangé : la plupart des chutes de plain-pied viennent du désordre.
- Porter ses EPI systématiquement, et veiller à ce que l'équipe le fasse.
- Sécuriser les zones accessibles aux tiers (occupants, enfants, passants).
- Gérer les déchets et les produits dangereux de façon adaptée.
- Signaler et corriger immédiatement toute situation dangereuse.
Qui est responsable de quoi sur un chantier ?
La sécurité est une responsabilité partagée, mais chaque acteur a un rôle précis. Bien comprendre cette répartition évite les malentendus et les zones grises où personne ne se sent concerné.
- Le maître d'ouvrage (le client) : il désigne et rémunère le coordinateur dès que le chantier le requiert, et veille à ce que la coordination puisse s'exercer.
- Le coordinateur sécurité-santé : il établit et tient à jour les documents de prévention, coordonne les mesures entre les intervenants et signale les manquements.
- L'entrepreneur (vous) : vous appliquez le plan de sécurité, fournissez et faites porter les EPI, sécurisez votre zone de travail et coopérez avec les autres corps de métier.
- Le travailleur : il respecte les consignes, utilise les équipements mis à disposition et signale les situations dangereuses.
En tant qu'artisan, vous êtes à la fois employeur (vis-à-vis de vos éventuels salariés) et intervenant sur le chantier. Vous portez donc une double responsabilité : protéger votre équipe et coopérer à la sécurité collective du chantier.
« Je pensais que c'était à l'autre de s'en occuper » n'est pas une défense valable. Chaque intervenant reste responsable de sa propre activité et de la sécurité de son équipe. Ne comptez jamais uniquement sur les autres pour sécuriser votre poste de travail.
Le travail en hauteur : la première cause d'accidents graves
Le travail en hauteur mérite une attention particulière, car c'est l'une des principales causes d'accidents mortels ou invalidants dans le bâtiment. Toiture, charpente, façade, pose de châssis en étage, échafaudage : autant de situations à haut risque. La règle d'or est de toujours privilégier une protection collective (garde-corps, plateforme, échafaudage conforme) avant de recourir au harnais.
Quelques principes essentiels :
- L'échelle n'est pas un poste de travail : elle sert à accéder, pas à travailler longuement en hauteur. Pour une vraie intervention, utilisez un échafaudage ou une plateforme.
- Montez des échafaudages conformes, stabilisés, avec planchers complets et garde-corps. Un échafaudage improvisé ou incomplet est un piège.
- Vérifiez les points d'ancrage avant d'utiliser un harnais antichute, et assurez-vous qu'il limite réellement la chute.
- Tenez compte de la météo : vent, pluie et gel augmentent fortement le risque en hauteur.
Un artisan doit ajuster une gouttière « vite fait » et grimpe sur une échelle posée contre un mur humide, sans personne pour la tenir. L'échelle glisse. Le scénario est classique et chaque année il fait des victimes. La bonne pratique aurait été d'utiliser un échafaudage roulant ou, à défaut, de faire stabiliser et tenir l'échelle. Aucune tâche, aussi courte soit-elle, ne justifie de risquer une chute.
La sécurité électrique sur le chantier
Les risques électriques sont présents sur la plupart des chantiers, et pas seulement pour les électriciens. Travaux à proximité de lignes ou d'installations sous tension, rallonges endommagées, outillage défectueux, humidité : les sources de danger sont nombreuses. Les bonnes pratiques incluent la consignation des installations avant intervention, la vérification de l'absence de tension, l'utilisation de matériel en bon état et adapté au chantier, et le respect des habilitations pour les travaux électriques.
Pour les interventions sur les installations électriques elles-mêmes, seules des personnes compétentes et habilitées doivent agir. Un contact électrique peut être mortel ou provoquer des brûlures graves ; la prudence et la rigueur ne sont pas optionnelles. Les métiers de l'électrotechnique sont d'ailleurs soumis à des exigences de compétence particulières en Belgique.
Premiers secours et organisation en cas d'accident
Malgré toute la prévention, un accident peut survenir. Être préparé fait alors toute la différence. Disposer d'une trousse de premiers secours adaptée et accessible sur le chantier est une base. Savoir qui appeler, où se trouve le chantier exactement (adresse précise pour les secours) et comment réagir aux situations les plus probables (chute, coupure, malaise) permet de gagner un temps précieux.
Sur un chantier isolé, l'organisation des secours est encore plus importante : prévenir un proche de sa présence, garder son téléphone chargé et accessible, et connaître l'itinéraire d'accès pour les services d'urgence. Quelques minutes d'organisation peuvent sauver une vie le jour où cela compte.
Notez l'adresse exacte et les points de repère de chaque chantier dès votre arrivée. En cas d'urgence, sous le stress, retrouver et communiquer la localisation précise aux secours n'est pas toujours évident — surtout sur un chantier neuf sans numéro de rue clairement affiché.
Former et sensibiliser son équipe
La meilleure procédure ne vaut rien si elle n'est pas comprise et appliquée. Si vous employez des travailleurs, la formation et l'information à la sécurité font partie de vos obligations d'employeur. Au-delà de l'obligation, c'est une question de bon sens : une équipe sensibilisée repère les dangers, adopte les bons gestes et se protège mutuellement.
Cette sensibilisation passe par des choses simples : expliquer les risques du chantier en cours, montrer le bon usage des équipements, rappeler les consignes régulièrement, et donner l'exemple. Un patron qui porte ses EPI et respecte les règles installe une culture de sécurité bien plus efficacement que des consignes affichées et ignorées.
Sécurité et sous-traitance
La sous-traitance, très courante dans le bâtiment, ajoute une dimension à la sécurité : plusieurs entreprises coexistent sur le même chantier, parfois en même temps. C'est précisément cette coactivité qui déclenche l'obligation de coordination dès deux entrepreneurs. Chacun reste responsable de la sécurité de son équipe, mais tous doivent coordonner leurs interventions pour éviter que l'activité de l'un ne mette l'autre en danger.
Que vous soyez donneur d'ordre ou sous-traitant, communiquez clairement sur les risques, les zones et les horaires d'intervention. Un chantier où les corps de métier s'ignorent est un chantier dangereux ; un chantier où l'information circule est un chantier maîtrisé.
Sécurité et organisation : libérer du temps pour la prévention
Un artisan débordé par l'administratif a moins de temps et d'énergie pour préparer ses chantiers en sécurité. Or la préparation est la clé : un chantier bien anticipé est un chantier plus sûr. En automatisant la gestion des devis et des factures, on libère du temps et de l'esprit pour ce qui compte vraiment, dont la prévention. Des outils comme Synobat, qui propose une formule gratuite pour démarrer, permettent de gérer rapidement devis et factures, et de consacrer son énergie au travail bien fait et en sécurité plutôt qu'à la paperasse.
Pour les métiers particulièrement exposés au travail en hauteur, comme la charpente, une bonne préparation des chantiers est d'autant plus essentielle ; des repères propres au métier figurent sur la page du logiciel de devis et facture pour charpentier.
L'analyse des risques : le réflexe qui prévient l'accident
Avant de commencer un chantier, prendre quelques minutes pour identifier les risques change tout. C'est le principe de l'analyse des risques : se demander, pour chaque tâche, ce qui pourrait mal tourner et comment l'éviter. Ce réflexe, simple et gratuit, est le fondement de toute prévention efficace.
Concrètement, en arrivant sur un chantier, posez-vous quelques questions : y a-t-il un risque de chute ? Des installations électriques à proximité ? Des matériaux suspects (amiante) sur un bâtiment ancien ? Des tiers à protéger ? Des co-activités avec d'autres entreprises ? À chaque risque identifié correspond une mesure : protection collective, EPI, balisage, coordination. Cette habitude transforme la sécurité d'une contrainte abstraite en une série de décisions concrètes et adaptées au chantier réel.
L'analyse des risques n'a pas besoin d'être un document complexe pour un petit chantier. Un simple tour des lieux mental, fait systématiquement avant de démarrer, suffit déjà à éviter la majorité des accidents évitables. L'essentiel est la régularité du réflexe, pas la lourdeur de la procédure.
Les équipements de base selon les métiers
Chaque métier a ses risques dominants et donc ses équipements prioritaires. Voici quelques repères, sachant que l'analyse du chantier précise toujours les besoins réels.
| Métier | Risques dominants | Équipements prioritaires |
|---|---|---|
| Couvreur / charpentier | Chute de hauteur | Échafaudage, garde-corps, harnais, chaussures adaptées |
| Électricien | Électrisation | Outillage isolé, vérificateur d'absence de tension, gants |
| Maçon | Manutention, chutes, poussières | Aides au levage, gants, masque, chaussures de sécurité |
| Peintre / plâtrier | Agents chimiques, hauteur | Masque adapté, ventilation, échafaudage |
| Carreleur | Postures, poussières, découpe | Genouillères, masque, lunettes, protections auditives |
| Plombier / chauffagiste | Brûlures, postures, gaz | Gants, lunettes, détection, ventilation |
Quel que soit le métier, certains équipements de base sont quasi universels : chaussures de sécurité, gants adaptés à la tâche, protection des yeux pour la découpe et protection respiratoire en présence de poussières. Investir dans du bon matériel de protection est l'un des meilleurs placements pour un artisan.
FAQ : vos questions fréquentes sur la sécurité chantier
Un coordinateur est-il obligatoire pour un petit chantier de rénovation ?
Dès que deux entrepreneurs (par exemple deux corps de métier différents) interviennent sur le chantier, la coordination sécurité-santé est obligatoire, y compris en rénovation. Pour un chantier réalisé par une seule entreprise sans sous-traitant, cette obligation de coordination ne s'applique pas, mais les règles générales de sécurité restent à respecter.
Qui paie le coordinateur sécurité-santé ?
C'est le maître d'ouvrage qui désigne et rémunère le coordinateur. La désignation incombe au maître d'ouvrage pour les chantiers d'au moins 500 m², et à la personne chargée de concevoir l'ouvrage pour les chantiers de moindre surface.
Dois-je faire un inventaire amiante avant chaque rénovation ?
L'inventaire amiante est obligatoire en cas de rénovation, transformation ou démolition d'un bâtiment construit avant 2001, période où l'amiante était couramment utilisé. Pour les bâtiments plus récents, le risque est en principe absent, mais en cas de doute, mieux vaut vérifier.
Quels EPI sont indispensables sur un chantier ?
Cela dépend des travaux, mais les bases incluent généralement chaussures de sécurité, casque selon les risques, gants adaptés, protection des yeux pour la découpe, protection respiratoire en présence de poussières, et harnais pour le travail en hauteur sans protection collective. L'analyse des risques du chantier détermine les EPI nécessaires.
Que risque un artisan qui néglige la sécurité ?
Au-delà du risque d'accident pour lui-même et autrui, un manquement peut entraîner des sanctions, engager sa responsabilité en cas d'accident, et compromettre la couverture de son assurance. La sécurité protège donc aussi l'entreprise elle-même.
Dois-je fournir les EPI à mes salariés ?
Oui. En tant qu'employeur, fournir gratuitement les équipements de protection individuelle adaptés et veiller à leur port fait partie de vos obligations de prévention. Cela vaut aussi pour l'entretien et le remplacement des équipements usés ou endommagés.
Une simple échelle est-elle interdite ?
L'échelle n'est pas interdite, mais elle est destinée à l'accès, pas à servir de poste de travail prolongé en hauteur. Pour une vraie intervention, un échafaudage ou une plateforme adaptée s'impose. Beaucoup d'accidents graves viennent d'un usage détourné de l'échelle.
Comment savoir si un matériau contient de l'amiante ?
Pour un bâtiment construit avant 2001, le doute doit être systématique : un inventaire amiante est obligatoire avant rénovation, transformation ou démolition. Seule une analyse permet de confirmer la présence d'amiante. En attendant, ne manipulez jamais un matériau suspect sans précaution.
Faut-il un coordinateur si je travaille seul sur le chantier ?
L'obligation de coordination sécurité-santé se déclenche dès qu'au moins deux entrepreneurs interviennent. Si vous êtes la seule entreprise sur le chantier, cette obligation de coordination ne s'applique pas — mais toutes les règles générales de sécurité et de protection restent d'application.
Les idées reçues sur la sécurité au travail
Certaines croyances bien ancrées poussent à négliger la sécurité. Elles méritent d'être corrigées.
« Ça fait vingt ans que je travaille comme ça, je n'ai jamais eu d'accident. » L'absence d'accident passé ne garantit rien pour l'avenir. La plupart des victimes d'accidents graves étaient des professionnels expérimentés. L'habitude crée même un excès de confiance dangereux.
« La sécurité me fait perdre du temps. » Un accident en fait perdre infiniment plus : arrêt de chantier, blessure, procédure, parfois invalidité. Bien préparée, la sécurité rend même le chantier plus fluide et mieux organisé.
« Les EPI sont inconfortables, je m'en passe. » Les équipements modernes sont bien plus confortables qu'avant. Et l'inconfort passager d'un masque ou de lunettes n'est rien comparé à une lésion irréversible.
« C'est juste pour cinq minutes. » La majorité des chutes graves surviennent lors d'interventions « rapides » jugées sans risque. Le danger ne se mesure pas à la durée de la tâche.
« La sécurité, c'est l'affaire du gros chantier. » Faux : un petit chantier de rénovation chez un particulier comporte aussi des risques sérieux (hauteur, électricité, amiante, poussières). La prudence vaut partout.
Un artisan instaure un rituel simple avec son apprenti : chaque matin, avant de démarrer, ils font ensemble un rapide tour du chantier pour repérer les dangers du jour. En quelques semaines, ce réflexe devient automatique, l'apprenti développe l'œil, et les incidents diminuent nettement. La sécurité, ici, n'a rien coûté : elle est devenue une habitude partagée.
📋 Checklist récapitulative
- ☐ Je vérifie si une coordination sécurité-santé est requise (au moins 2 entrepreneurs)
- ☐ Je coopère avec le coordinateur et j'applique le plan de sécurité et santé
- ☐ Je privilégie les protections collectives avant les protections individuelles
- ☐ Mon équipe et moi portons systématiquement les EPI adaptés
- ☐ Je fais réaliser un inventaire amiante avant de rénover un bâtiment d'avant 2001
- ☐ Je maintiens un chantier propre, rangé et sécurisé pour les tiers
- ☐ Je n'improvise jamais le travail en hauteur et j'entretiens mon matériel
Conclusion : la sécurité, un investissement, pas une contrainte
La sécurité sur les chantiers n'est pas un frein au travail : c'est ce qui permet de durer dans le métier, en bonne santé et sans drame. Le cadre belge — loi de 1996, arrêté royal de 2001 — organise la prévention autour de la coordination, des documents de sécurité et de la hiérarchie des protections. Mais au-delà des textes, c'est la culture de sécurité au quotidien qui sauve : anticiper, s'équiper, ne jamais improviser. Un chantier sûr est aussi un chantier mieux organisé et, souvent, plus efficace. Protéger sa santé et celle de son équipe, c'est aussi protéger son outil de travail et l'avenir de son entreprise : un artisan accidenté ne facture plus.
Les 3 actions à faire CETTE SEMAINE :
- Vérifiez vos EPI : sont-ils complets, en bon état et réellement utilisés sur vos chantiers ?
- Identifiez vos chantiers à venir nécessitant une coordination sécurité-santé ou un inventaire amiante, et anticipez la démarche.
- Faites le tour de vos équipements de hauteur (échafaudages, échelles, harnais) et remplacez ce qui n'est pas conforme.