Réglementation 5 minutes Par Synobat

Retenue de garantie BTP : guide complet (calcul, durée, restitution)

Retenue de garantie BTP : guide complet (calcul, durée, restitution)

La retenue de garantie est un mécanisme juridique du bâtiment qui protège le maître d'ouvrage contre les malfaçons, le temps que les éventuelles réserves soient levées. Pour l'artisan, l'enjeu est double : savoir combien on peut vous retenir, et surtout comment récupérer cet argent. La réponse tient en trois chiffres : 5 % au maximum, pendant 1 an, et vous pouvez l'éviter avec une caution. Voici le détail, avec les bases légales vérifiées, le calcul, la durée, la restitution et les alternatives.

⚡ L'essentiel à retenir :

  • La retenue est plafonnée à 5 % du montant de chaque règlement (loi n° 71-584 du 16 juillet 1971 pour les marchés privés)
  • Elle garantit la levée des réserves et est conservée 1 an à compter de la réception des travaux
  • La somme retenue doit en principe être consignée entre les mains d'un tiers consignataire accepté par les deux parties
  • Vous pouvez éviter la retenue en fournissant une caution personnelle et solidaire d'un établissement financier, à votre initiative
  • Sans réserve ni opposition motivée notifiée avant la fin du délai d'un an, la somme est due à l'entreprise (mais souvent à réclamer)

Qu'est-ce que la retenue de garantie dans le BTP ?

La retenue de garantie est une fraction du paiement que le client (maître d'ouvrage) conserve temporairement sur chaque règlement versé à l'entreprise du BTP. Elle sert à garantir que, si des réserves sont émises à la réception du chantier, l'entreprise reviendra les lever. Une fois le délai écoulé sans réserve, cette somme revient à l'entreprise.

La base légale : la loi du 16 juillet 1971

Contrairement à une idée répandue, la retenue de garantie des marchés de travaux privés n'est pas régie par l'article 1799-1 du Code civil (qui concerne, lui, la garantie de paiement due à l'entrepreneur). Elle est encadrée par la loi n° 71-584 du 16 juillet 1971, dont l'article 1er dispose :

"Les paiements des acomptes sur la valeur définitive des marchés de travaux privés visés à l'article 1779-3° du code civil peuvent être amputés d'une retenue égale au plus à 5 p. 100 de leur montant et garantissant contractuellement l'exécution des travaux, pour satisfaire, le cas échéant, aux réserves faites à la réception par le maître de l'ouvrage."

Cette loi a été pensée pour protéger les entrepreneurs : elle plafonne la retenue et encadre sa restitution, afin d'éviter que certains clients ne bloquent des sommes disproportionnées.

À quoi sert la retenue de garantie ?

La retenue de garantie poursuit essentiellement un objectif :

  1. Garantir la levée des réserves : s'assurer que l'entreprise reviendra corriger les défauts éventuellement signalés au procès-verbal de réception
  2. Protéger le maître d'ouvrage : lui laisser un levier financier tant que les réserves ne sont pas levées
  3. Inciter à la qualité : encourager l'entreprise à livrer des travaux conformes dès la réception

Une obligation souvent oubliée : la consignation

Point capital et fréquemment ignoré : la loi ne prévoit pas que le client garde simplement l'argent sur son compte. L'article 1er impose que le maître d'ouvrage consigne la somme retenue entre les mains d'un consignataire, accepté par les deux parties ou, à défaut, désigné par le président du tribunal. Concrètement, la retenue devrait être déposée auprès d'un tiers neutre (par exemple la Caisse des dépôts et consignations), et non conservée par le client.

ℹ️ Bon à savoir : dans la pratique, cette consignation est rarement respectée et le client garde souvent la somme. Rappeler cette obligation dans un courrier peut être un argument utile lorsque la restitution traîne.

Calcul de la retenue de garantie : mode d'emploi

Le taux légal : 5 % maximum

Le taux de la retenue est plafonné à 5 % du montant de chaque règlement (acompte, situation de travaux ou solde). Ce plafond est un maximum : le contrat peut prévoir un taux inférieur, jamais supérieur.

⚠️ Important : le pourcentage de 5 % est un MAXIMUM. Le contrat peut prévoir un taux inférieur (3 %, 2 %, voire 0 %), mais jamais supérieur à 5 %. La base de calcul (montant HT ou TTC de chaque règlement) est celle prévue au marché : vérifiez ce point dans vos conditions contractuelles.

Un exemple chiffré simple (illustration)

Prenons un cas purement illustratif, pour fixer les idées :

Marché de travaux : 20 000 € HT

Retenue de garantie 5 % : 1 000 €

Sort de la somme : 1 000 € consignés (en principe entre les mains d'un tiers consignataire)

Restitution : 1 an après la réception, en l'absence de réserve ou d'opposition motivée

Autrement dit, sur ce marché, l'entreprise touche 19 000 € au fil du chantier et récupère les 1 000 € restants un an après la réception, si aucune réserve ne fait obstacle.

Exemples de calcul détaillés

Exemple 1 : une facture simple

Montant des travaux HT 10 000,00 €
TVA 20 % 2 000,00 €
Montant TTC 12 000,00 €
Retenue de garantie 5 % - 600,00 €
NET À PAYER 11 400,00 €

Ici, la retenue de 5 % est appliquée sur le montant TTC de la facture (12 000 €), comme le prévoit ce marché fictif. Sur un autre contrat, elle pourrait être calculée sur le HT : tout dépend de ce qui est écrit dans vos conditions.

Exemple 2 : un chantier avec situations de travaux

Sur un chantier de 50 000 € TTC réglé en 3 situations de travaux :

Situation Montant TTC Retenue 5 % Net à payer
Situation n°1 15 000,00 € 750,00 € 14 250,00 €
Situation n°2 20 000,00 € 1 000,00 € 19 000,00 €
Situation n°3 (solde) 15 000,00 € 750,00 € 14 250,00 €
TOTAL 50 000,00 € 2 500,00 € 47 500,00 €

L'entreprise perçoit donc 47 500 € au fur et à mesure du chantier. Les 2 500 € de retenue lui reviennent un an après la réception des travaux, en l'absence de réserve non levée.

Comment mentionner la retenue sur vos factures ?

La retenue de garantie se déduit directement sur la facture ou le décompte, sur une ligne dédiée qui fait apparaître clairement le net à payer. Un logiciel de facturation adapté au bâtiment calcule cette ligne et le net à payer sans ressaisie, ce qui évite les erreurs de report d'une situation à l'autre. Voici un exemple de présentation :

FACTURE N° F-0125


Total HT : 10 000,00 €

TVA 20 % : 2 000,00 €

Total TTC : 12 000,00 €


Retenue de garantie 5 % (loi n° 71-584 du 16 juillet 1971) : - 600,00 €


NET À PAYER : 11 400,00 €


Retenue de garantie restituable un an après la réception des travaux, en l'absence de réserve, conformément à la loi n° 71-584 du 16 juillet 1971.

Durée de conservation de la retenue de garantie

Le délai légal : 1 an après réception

La retenue est conservée pendant une durée d'un an à compter de la date de réception des travaux (que la réception soit prononcée avec ou sans réserves). Au terme de ce délai, la somme revient à l'entreprise, sauf opposition motivée du client (voir plus loin).

📅 Chronologie type d'un chantier

  • 📌 Jour J : fin des travaux
  • 📌 J + 8 jours : réception des travaux (PV de réception signé)
  • 📌 J + 1 mois : facture de solde avec retenue de garantie 5 %
  • 📌 J + 3 mois : levée des réserves (si réception avec réserves)
  • 📌 J + 1 an : fin du délai de garantie
  • ✅ Au terme du délai d'un an : la retenue devient exigible par l'entreprise

Point de départ du délai

Le délai d'un an commence à courir à partir de :

  • la date de réception des travaux (date du procès-verbal de réception) ;
  • PAS la date de fin des travaux ;
  • PAS la date de la facture finale ;
  • PAS la date de levée des réserves.

⚠️ Attention : si les travaux sont réceptionnés avec des réserves, le délai d'un an court quand même à partir de la réception, et non de la levée des réserves. En revanche, tant que des réserves ne sont pas levées, le client peut s'opposer à la restitution sur ce fondement.

Restitution de la retenue de garantie

La retenue devient exigible à l'expiration du délai d'un an

L'article 2 de la loi de 1971 est clair : à l'expiration du délai d'un an à compter de la réception, la caution est libérée ou les sommes consignées sont versées à l'entrepreneur, même si le maître d'ouvrage n'a formulé aucune observation. Une seule exception : si, avant l'expiration de ce délai, le client a notifié par lettre recommandée son opposition motivée par l'inexécution des obligations de l'entreprise.

Attention à la nuance : quand la somme a réellement été consignée auprès d'un tiers, le consignataire la libère. Mais lorsque le client a gardé l'argent (cas fréquent, et pourtant contraire à la loi), rien ne se déclenche tout seul : dans les faits, vous devez souvent réclamer la restitution.

Procédure de restitution

Étape 1 : calculer la date d'expiration

Exemple : réception le 15 janvier 2025, donc expiration du délai le 15 janvier 2026.

Étape 2 : relance amiable (si non restitué)

Si le client ne verse pas spontanément la retenue, adressez-lui un courrier de relance amiable après l'expiration du délai :

Madame, Monsieur,

Je me permets de vous rappeler que le délai de garantie d'un an concernant les travaux réalisés à [adresse] est arrivé à expiration le [date].

Conformément à la loi n° 71-584 du 16 juillet 1971, aucune opposition motivée n'ayant été notifiée dans ce délai, je vous demande de bien vouloir procéder à la restitution de la retenue de garantie d'un montant de [montant] €, retenue lors du règlement de la facture n° [numéro].

Je vous remercie de bien vouloir effectuer ce virement sous 8 jours.

Cordialement,
[Votre signature]

Étape 3 : mise en demeure (si toujours pas de paiement)

Si la relance amiable reste sans réponse, envoyez une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception.

Étape 4 : recours judiciaire

En dernier recours, vous pouvez saisir le tribunal pour obtenir la restitution, assortie le cas échéant d'intérêts de retard et de dommages et intérêts.

Cas où la retenue peut être conservée

Le maître d'ouvrage ne peut refuser de restituer la retenue (totalement ou partiellement) que dans des cas précis, en notifiant une opposition motivée :

  • Malfaçons non réparées : défauts constatés pendant l'année de garantie et que l'entreprise refuse de corriger.
  • Réserves non levées : réserves mentionnées au PV de réception et toujours pas traitées.
  • Inexécution des obligations : manquements imputables à l'entreprise pendant l'année de garantie.

Dans tous les cas, le maître d'ouvrage doit :

  1. notifier par écrit (lettre recommandée) les motifs de non-restitution, avant la fin du délai ;
  2. chiffrer précisément le coût des réparations ;
  3. restituer le solde si la retenue dépasse ce coût.

Ne pas confondre : retenue de garantie, garantie de parfait achèvement et caution

Ces trois notions se recoupent dans le temps mais n'ont rien à voir. Les confondre est une source classique d'erreurs.

Retenue de garantie Garantie de parfait achèvement Caution de substitution
Nature Somme d'argent retenue sur les paiements Obligation de réparer de l'entreprise Engagement d'un établissement financier
Base légale Loi n° 71-584 du 16 juillet 1971 Article 1792-6 du Code civil Loi n° 71-584 du 16 juillet 1971 (art. 1er)
Montant / portée 5 % du marché au maximum Tous les désordres signalés Montant égal à la retenue (5 %)
Durée 1 an après réception 1 an après réception 1 an après réception

ℹ️ À retenir : la retenue de garantie est un outil financier (loi de 1971). La garantie de parfait achèvement est une obligation de faire (article 1792-6 du Code civil) : elle oblige l'entreprise à réparer, pendant un an, tous les désordres signalés, qu'ils aient été réservés ou non. Les deux durent un an, mais l'une immobilise de l'argent quand l'autre impose des travaux de reprise. La caution, elle, remplace la retenue sans rien immobiliser.

Les autres garanties légales du BTP

Garantie de bon fonctionnement (2 ans)

Elle couvre les équipements dissociables du bâtiment (chaudière, volets roulants, etc.) pendant 2 ans après la réception.

Garantie décennale (10 ans)

Elle couvre les dommages qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou le rendent impropre à sa destination, pendant 10 ans. Elle est adossée à votre assurance décennale obligatoire.

ℹ️ Bon à savoir : la retenue de garantie ne couvre que la période de parfait achèvement (1 an). Les garanties biennale et décennale relèvent, elles, de votre assurance, pas d'une somme retenue.

Alternative : la caution personnelle et solidaire

Le principe de la substitution

La loi de 1971 le prévoit elle-même : la retenue de garantie n'est pas pratiquée si l'entrepreneur fournit, pour un montant égal, une caution personnelle et solidaire émanant d'un établissement financier figurant sur une liste fixée par décret. Cette substitution se fait au gré de l'entrepreneur : c'est donc votre choix.

Avantage majeur : vous êtes payé intégralement, sans attendre un an, ce qui améliore nettement votre trésorerie. En cas de réserve justifiée, c'est l'établissement financier qui garantit le maître d'ouvrage à votre place.

Comment ça marche ?

  1. Vous souscrivez une caution auprès d'un établissement financier.
  2. Celui-ci s'engage à couvrir le maître d'ouvrage à hauteur de 5 % du marché en cas de réclamation justifiée.
  3. Le maître d'ouvrage vous paie 100 % de vos factures, sans retenue.
  4. La caution est libérée un an après la réception, comme la retenue classique.

Coût d'une caution

Le coût varie selon l'établissement, votre relation bancaire, le montant garanti, la durée et votre solidité financière. Il se négocie au cas par cas : demandez un devis à votre banque avant de trancher.

Exemple de rentabilité (illustration)

Marché de travaux TTC 50 000 €
Retenue de garantie 5 % 2 500 €
Coût d'une caution (hypothèse 1,5 %) 37,50 € (1,5 % de 2 500 €)
Liquidité disponible immédiatement 2 462,50 €

Dans cet exemple purement illustratif, pour un coût modeste, vous disposez tout de suite des 2 500 € au lieu d'attendre un an. Le taux réel dépend entièrement de votre établissement financier.

✅ Notre conseil : la caution est surtout intéressante sur les gros chantiers, où la retenue immobilise des montants importants. Comparez toujours son coût réel au gain de trésorerie avant de vous décider.

Démarches pour mettre en place une caution

Étape 1 : dès la signature du marché, informez le maître d'ouvrage par écrit que vous substituez la retenue par une caution.

Étape 2 : contactez votre établissement financier pour obtenir un devis et constituer le dossier.

Étape 3 : l'établissement émet la caution au profit du maître d'ouvrage.

Étape 4 : remettez l'attestation de caution au maître d'ouvrage avant la première facture.

Étape 5 : vous êtes payé intégralement (100 %) sur toutes vos factures.

Retenue de garantie dans les marchés publics

La loi de 1971 vise les marchés de travaux privés. Les marchés publics obéissent, eux, au Code de la commande publique (et au CCAG Travaux). Le principe reste proche, mais le cadre est distinct :

Particularités des marchés publics

  • Plafond identique : la retenue de garantie y est également plafonnée à 5 % du montant du marché.
  • Prévue au marché : elle s'applique selon ce que prévoient les pièces du marché (CCAP).
  • Restitution : la retenue est libérée à l'issue du délai de garantie prévu, une fois les réserves levées.
  • Substitution : elle peut être remplacée par une garantie à première demande (ou, avec l'accord de l'acheteur, une caution personnelle et solidaire).

⚠️ À ne pas mélanger : en marché privé, invoquez la loi n° 71-584 du 16 juillet 1971. En marché public, référez-vous au Code de la commande publique et au CCAG Travaux applicable. Le plafond de 5 % est commun aux deux, mais les procédures diffèrent.

Cas particuliers et situations complexes

Réception avec réserves

Question fréquente : la retenue peut-elle être augmentée si la réception comporte des réserves ?

Réponse : non, elle reste à 5 % maximum. Le maître d'ouvrage ne peut pas relever le taux, même en cas de réserves importantes.

En revanche, il peut :

  • subordonner la restitution à la levée des réserves ;
  • utiliser la retenue pour faire réaliser les reprises par une autre entreprise si vous ne les effectuez pas.

Sous-traitance

En cas de sous-traitance, deux situations :

Vous êtes l'entreprise principale

  • Le maître d'ouvrage vous applique une retenue de 5 %.
  • Vous pouvez appliquer une retenue de 5 % à votre sous-traitant.
  • Vous devez restituer à votre sous-traitant sa retenue un an après la réception de ses travaux.

Vous êtes le sous-traitant

  • L'entreprise principale vous applique une retenue de 5 %.
  • La restitution intervient un an après la réception de vos travaux.
  • Vous pouvez, sous conditions, demander à bénéficier du paiement direct par le maître d'ouvrage.

Marchés à tranches

Pour les marchés comportant plusieurs tranches :

  • la retenue s'applique sur chaque tranche ;
  • chaque retenue est restituée un an après la réception de sa tranche ;
  • pas besoin d'attendre la fin complète du chantier.

Abandon de chantier ou liquidation

Si vous abandonnez le chantier ou êtes en liquidation judiciaire :

  • le maître d'ouvrage peut opposer l'inexécution pour conserver la retenue ;
  • elle sert alors à financer l'achèvement des travaux par une autre entreprise ;
  • si elle ne suffit pas, le maître d'ouvrage peut réclamer un complément.

Impact sur la trésorerie de votre entreprise

Simulation sur un exercice (illustration)

Prenons l'exemple, purement théorique, d'une entreprise qui réalise 300 000 € TTC de chiffre d'affaires annuel :

Scénario Trésorerie bloquée Impact annuel
Sans retenue de garantie 0 € -
Avec retenue 5 % 15 000 € - 15 000 €
Avec caution (hypothèse 1,5 %) 0 € Coût 225 € (1,5 %)

Dans ce scénario illustratif, l'entreprise a en permanence 15 000 € de trésorerie immobilisée avec la retenue classique, contre un coût réduit avec une caution. Le montant réel dépend de votre activité et des conditions négociées.

Solutions pour limiter l'impact

  1. Privilégier la caution sur les gros marchés.
  2. Négocier un taux réduit (3 % au lieu de 5 %) dans les marchés privés.
  3. Provisionner cette somme dans votre besoin en fonds de roulement.
  4. Anticiper les restitutions et relancer proactivement vos clients.
  5. Facturer rapidement après la réception pour ne pas allonger le délai global.

Vos droits et recours en cas de problème

Le client refuse de restituer la retenue

Actions à mener dans l'ordre :

  1. Relance amiable par courrier ou email, dès l'expiration du délai d'un an.
  2. Mise en demeure par lettre recommandée avec AR, si pas de réponse.
  3. Médiation, pour tenter une résolution à l'amiable.
  4. Référé provision au tribunal (procédure rapide) lorsque la créance n'est pas sérieusement contestable.
  5. Action au fond si le client conteste sur le fond.

Le client invoque des malfaçons

Si le client refuse la restitution en invoquant des malfaçons :

  • demandez un état détaillé des désordres allégués ;
  • vérifiez la réalité des malfaçons (expertise contradictoire si nécessaire) ;
  • proposez de réparer si les défauts sont avérés ;
  • contestez si les allégations sont infondées ;
  • exigez la restitution du solde si le montant retenu dépasse le coût des réparations.

Intérêts et frais de retard

Si le client tarde à restituer la retenue sans motif valable, vous pouvez, selon la situation et vos conditions contractuelles, réclamer des intérêts de retard et, entre professionnels, une indemnité de recouvrement, ainsi que des dommages et intérêts si vous justifiez d'un préjudice supérieur. Les taux applicables évoluent régulièrement : vérifiez le taux d'intérêt légal en vigueur au moment de votre demande.

Retenue de garantie et logiciel de facturation

Un bon logiciel de facturation du bâtiment vous aide à gérer la retenue de garantie sans erreur ni oubli :

Fonctionnalités utiles

  • ✅ Ligne de retenue calculée automatiquement sur vos factures et situations
  • ✅ Mention légale ajoutée sur le document (loi n° 71-584 du 16 juillet 1971)
  • ✅ Suivi des retenues en cours, avec le net à payer clairement affiché
  • ✅ Rappels de restitution à l'approche de l'échéance d'un an
  • ✅ Génération de relances pour réclamer la restitution
  • ✅ Historique complet de vos retenues et restitutions

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Questions fréquentes sur la retenue de garantie

La retenue de garantie est-elle obligatoire ?

Non. C'est une faculté prévue au contrat. Dans les marchés privés, les parties peuvent l'écarter ou réduire son taux (3 %, 2 %, voire 0 %). Dans les marchés publics, elle est prévue par les pièces du marché.

Peut-on négocier le taux de retenue de garantie ?

Oui, en marché privé. Le taux de 5 % est un maximum légal. Vous pouvez négocier un taux inférieur, voire sa suppression, surtout avec un bon historique de chantiers.

Le client est-il obligé de consigner la somme retenue ?

Oui, en principe. La loi de 1971 impose au maître d'ouvrage de consigner la retenue entre les mains d'un tiers consignataire accepté par les deux parties. En pratique, cette obligation est souvent ignorée, mais elle reste un argument juridique en votre faveur.

Que faire si le client fait faillite pendant le délai de garantie ?

Si votre client fait l'objet d'une procédure collective (redressement ou liquidation judiciaire) pendant le délai de garantie, déclarez votre créance (le montant de la retenue) auprès du mandataire judiciaire. Vos chances de récupération dépendront de l'actif disponible et du rang de votre créance. Si la somme avait été régulièrement consignée, votre position en serait renforcée.

La retenue de garantie génère-t-elle des intérêts ?

Non, par défaut, la somme retenue ne produit pas d'intérêts à votre profit pendant le délai d'un an. C'est l'un des arguments en faveur de la caution, qui vous laisse la trésorerie disponible.

Retenue de garantie et garantie décennale, est-ce la même chose ?

Non. La retenue de garantie (5 % pendant 1 an) accompagne la garantie de parfait achèvement. La garantie décennale (10 ans) relève de votre assurance obligatoire, pas d'une somme retenue.

Comment comptabiliser la retenue de garantie ?

Comptablement, la retenue est une créance client, généralement enregistrée :

  • au débit : compte 4117 « Clients, retenues de garantie » ;
  • au crédit : compte 411 « Clients » pour le reste du montant.

Lors de la restitution, on débite le compte banque et on solde le compte 4117. Validez le traitement avec votre expert-comptable.

Checklist : bien gérer vos retenues de garantie

✅ Avant le chantier

  • ☐ Vérifier dans le contrat si une retenue de garantie est prévue
  • ☐ Noter le taux (5 % maximum) et sa base de calcul (HT ou TTC)
  • ☐ Décider si vous optez pour une caution
  • ☐ Prévoir l'impact sur votre besoin en fonds de roulement

✅ Pendant le chantier

  • ☐ Mentionner la retenue sur chaque facture (montant et base légale)
  • ☐ Tenir un registre des retenues en cours
  • ☐ Viser la qualité pour éviter les réserves

✅ À la réception

  • ☐ Noter la date exacte de réception (point de départ du délai d'un an)
  • ☐ Lever rapidement les éventuelles réserves
  • ☐ Programmer un rappel dans votre agenda 11 mois après

✅ À l'expiration du délai

  • ☐ Envoyer une relance amiable dès l'expiration du délai d'un an
  • ☐ Relancer par lettre recommandée avec AR si pas de réponse
  • ☐ Engager une procédure si toujours pas de restitution

Conclusion : reprenez la main sur vos retenues

La retenue de garantie est un mécanisme incontournable du BTP qui peut peser sur votre trésorerie. Bien comprise et bien suivie, elle ne doit être ni une source de stress ni une perte d'argent.

Points clés à retenir :

  • ✅ La retenue est plafonnée à 5 %, conservée un an après la réception (loi n° 71-584 du 16 juillet 1971).
  • ✅ La somme doit en principe être consignée auprès d'un tiers, pas gardée par le client.
  • ✅ À l'échéance et sans réserve, elle est due, mais souvent à réclamer.
  • ✅ Vous pouvez toujours la remplacer par une caution personnelle et solidaire.
  • ✅ Ne confondez pas retenue de garantie, garantie de parfait achèvement (article 1792-6 du Code civil) et caution.

Ne laissez pas des sommes dormir chez vos clients. Avec une bonne organisation et les bons outils, vous récupérez vos retenues en temps et en heure.

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Publié en novembre 2025 · Mise à jour en septembre 2026 · Bases légales vérifiées sur Légifrance et service-public.fr

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